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Biais cognitif : La théorie Dunning-Kruger

La théorie Dunning-Kruger vient de deux psychologues David Dunning et Justin Kruger Sper qui, en 1999, ont découvert l'excès de confiance d'une personne qui se surévalue dans un domaine.


Comment cela se traduit dans la vraie Vie ?


Humain qui se glorifie devant le dessin qu'il a réalisé en disant :"je suis si talentueux"
Bulle "Je suis si talentueux"

Cette personne est dans un excès de confiance, persuadé de tout savoir dans un ou plusieurs apprentissages, parce qu'un livre a été lu ou a assisté à une formation de deux jours. Dans ce genre de situation, la personne n'aura pas la perspective et le recul pour réaliser son ignorance.


Ce qui est en soi, gênant, puisque cela ne permet pas l'échange ni le dialogue dans tous les cas. En effet, la personne soutiendra mordicus son sujet, jusqu'à émettre des jugements et des critiques négatives sur qui n'approuve pas son opinion. Parce que dans tous les cas, tous les autres auront tort, dans l'état d'esprit de la personne qui se surévalue.

Pourquoi croyons-nous tout savoir ?

Homme qui tend les bras univers
Humain univers

Apprendre dans chaque domaine demande de la constance et un rythme pour mémoriser. Devant la nouveauté, on a cette impression de tout connaître, comme si un autre monde s'ouvrait à nous.

Ce qui peut donner l'impression d'être talentueux, d'être meilleur que les autres.

Cela se traduit par différents comportements, comme prendre les gens de haut, en prétendant un "savoir-faire", comme l'exemple à suivre faisant office de vérité.

Courbe Dunning-Kruger
Courbe de l'arrogance à l'humilité


Comble de l'ironie, l'ignorance est telle qu'elle est proclamée avec ardeur et véhémence. La suite logique de cette attitude est un manque d'humilité.


Aujourd'hui, je rejoins cette citation de Socrate dans chacun des axes de ma vie : "Tout ce que je ne sais est que je ne sais rien".


En effet, plus on en apprend dans n'importe quel domaine qui nous intéresse, moins on en sait. Et c'est véritablement, à cet instant, que l'on est prêt à s'enrichir et à remettre en question nos croyances.


Ok, mais quel est le rapport avec le monde du chien et

la théorie Dunning-Kruger ?


Dans le monde du chien, certains savoirs sont fondés sur des croyances populaires qui demeurent imprégnées dans le collectif inconscient.


Il suffit de citer quelques-unes des croyances comme :


  • Un chien doit manger après vous.

  • Un chien ne doit pas être sur le canapé.

  • Tu dois regarder un chien dans les yeux sinon il va te dominer.

  • Tu dois te faire respecter par ton chien, donc il doit t'obéir.


Ou bien :


  • Croire que l'on connaît le chien parce qu'on a déjà eu des chiens depuis l'enfance.

  • Croire que l'on pratique la bienveillance puisqu'on transmet des friandises.

  • Tirer sur le collier du chien parce qu'il n'avance pas en réclamant la bienveillance en parallèle.

  • Hurler, frapper le chien et rester dans des connaissances non actualisées depuis plus de cinquante ans.


Point interrogation humain
Humain question

C'est aussi la raison pour laquelle dans le monde canin, on accorde difficilement peu de crédit au respect de l'animal, dès lors que l'on mentionne la bienveillance, les plus réfractaires verront cela comme un monde de Bisounours.


Croire que l'on sait est une illusion. Puisque la plupart du temps, l'humain, dans son conflit avec lui-même, remettra difficilement en question ses croyances.


Pourquoi ? Parce qu'il est déplaisant de regarder nos difficultés. Se prouver que l'on a raison, c'est en quelque sorte se valoriser, faire monter son estime de soi. Même si cela révèle davantage un manque de confiance et une faible estime de soi, a contrario.


Revenons sur les points évoqués plus haut avec plus de clarté


  1. Croire que l'on connaît les chiens parce qu'on a déjà eu des chiens depuis l'enfance.

FAUX : C'est une croyance basée sur la théorie de Duning-Kruger. Il se peut qu'on possède un chien calme, sans problème de comportement et croire, par conséquent, que tous les chiens sont ainsi. Cela donne une assurance certaine, car l'esprit humain pense à ce moment tout connaître du chien, puisque basé sur une expérience positive fermée à un seul individu.


Ce qui rend le fait plus complexe:

Bouledogue français qui regarde l'écran
Bouledogue français
  • Chaque chien possède son propre tempérament, son caractère et sa personnalité.

  • Il y a aussi le caractère lié à la race, son histoire génétique.

  • Sans parler, depuis la domestication du chien par l'homme, les effets indésirables des races dont l'allure est peu à peu modifiée, ce qui a des conséquences dans la génétique et le comportement.

  • Comme avec le bouledogue français, sa face plate est une modification de l'homme, pouvant entraîner des problèmes respiratoires.

  • Un même chien avec le même environnement pourra très bien réagir différemment par rapport à son congénère.


2. Croire que l'on pratique la bienveillance parce qu'on transmet des friandises.

Chien tire en laisse
Chien tire en laisse

FAUX : L'humain comme le chien fonctionne par récompense, cela ne signifie pas que la bienveillance est réellement appliquée. L'aspect de la friandise, de la caresse crée des substances chimiques dans le cerveau.(1)


Dans le comportement canin, il faut prendre en compte plusieurs paramètres au-delà de la friandise :


  • Le travail en binôme de la relation humain-chien dans le problème de comportement. Écarter l'un ou l'autre est incompatible dans ce duo.

  • Tenir compte de la situation : Est-ce que le chien peut s'engager dans l'exercice, ou au contraire est-il dans un stress important?

  • La réactivité peut naître de différentes origines. Contrairement à la croyance populaire, le propriétaire n'est pas responsable à 100 % de cette situation: cela fait l'impasse sur toutes les autres causes.

  • Je ne m'attarde pas sur les visions binaires ou manichéennes, comme associer un chien réactif à de la méchanceté.

  • Que pourrions-nous dire, en effet, si l'on revient à l'humain, pour donner un exemple ; vous êtes en voiture, un automobiliste décide de vous faire une queue de poisson. Il y a d'abord la peur par effet de surprise, mais ensuite vient la colère disproportionnée par rapport à l'émotion ressentie. Juste auparavant, vous étiez tranquille !

  • Pour un chien, c'est similaire, dans le sens que sa réactivité est une émotion intense par rapport à différents stimuli tels que le bruit, les autres chiens, l'humain, etc. Un chien n'a pas le même angle de vue que l'humain. Sa réactivité est sa manière de nous dire : "Humain, stp, aide-moi, ."

  • Ce qui est intéressant à prendre en compte dans les paramètres de la réactivité, c'est de pouvoir travailler dans une zone confortable pour le chien. Il est nécessaire d'effectuer ce travail par pallier.

  • La friandise apporte un plus, dans un critère de renforcement du comportement que l'on désire obtenir à ce moment, mais n'est pas garante du succès, car dans l'environnement tout est incertain et mouvement.


3. Tirer sur le collier du chien précisément parce qu'il n'avance pas tout en se proclamant dans la bienveillance


Malheureusement, dans cette pratique, l'action de tirer sur le collier, peut blesser la thyroïde. Cette pression subite et répétée, provoque un stress et aussi une incompréhension chez le chien. Avant de parler des conséquences, on va évoquer les causes de cet état.


Pourquoi un chien n'avance pas  ? Il peut y avoir différentes raisons :


  • Il peut très bien avoir entendu un bruit, perçu quelque chose qui l'intrigue, car l'olfactif est le premier organe sensoriel qui permet au chien d'identifier son environnement.

  • Ce qu'il ressent ou perçoit, peut très bien le mettre dans une situation d'inconfort. Comme un refus de bouger, parce que tétanisé.

  • Il est nécessaire de s'interroger sur les circonstances de ce comportement du chien.

Tirer sur son chien en espérant qu'il avance le freinera davantage, même dans la confiance par rapport à vous. Comme j'évoquais dans un précédent article par rapport aux colliers étrangleurs, etc., j'invoquais les réponses désastreuses de ces objets sur le chien, tant psychologiques, que physiologiques.


Vous pouvez d'ailleurs, sur ce même article, retrouver le lien des études qui démontrent les effets néfastes de ces colliers qui n'encouragent pas la bienveillance, mais plutôt la maltraitance.


4. Hurler, frapper le chien et rester dans des connaissances non actualisées depuis plus de cinquante ans.


Qui que nous soyons, aspirons à entretenir une meilleure relation avec notre chien, la rendant souvent imparfaite. Le chien est peut-être le plus proche de l'Homme, mais les deux espèces ont un langage propre. Et pour se comprendre, il est nécessaire de se rendre compte de nos différences.


Ou du moins, de les admettre. Pourtant, quand il existe un problème dans la relation avec son chien, nos émotions sont à fleur de peau, et l'intention première est d'aider notre animal, l'accompagner comme il se doit.


Homme avec un bandeau sur la tête orangé/jaune, hurle avec méchanceté
Hurler

La notion de bienveillance, est un terme "subjectif", aujourd'hui, employé à toutes les sauces, et souvent mal perçu ou compris. Or, lorsque l'on prend le temps de s'intéresser à la thématique de la bienveillance, qu'elle concerne l'humain vis-à-vis de l'autre humain, ou d'un animal, elle peut-être juste un masque afin de ne pas montrer les réelles intentions.


L'authentique bienveillance est lorsqu'un ami ou une connaissance vous fait une proposition sans masquer son intention; c'est-à-dire, veiller à ce que cette proposition ne vous nuise pas. Avez-vous déjà entendu ces phrases: "Si je te le dis, c'est pour ton bien!" parce que vous avez refusé ou hésité sur une proposition?


Si c'était vraiment pour le bien de votre personne, votre interlocuteur n'aurait pas à le justifier. De plus, avant de clamer une telle chose, il est nécessaire de bien connaître la personne à qui on s'adresse: est-ce que cela correspond à ses besoins, ses envies, son désir profond ? C'est cela le caractère de la bienveillance dans les échanges entre humains.


Par rapport au chien, et à l'espèce animale, c'est plus subtil. Puisqu'il faut, au préalable, définir la notion "d'éducation" et de "dressage", et quel travail êtes-vous prêt à entreprendre pour une meilleure relation avec votre animal? (vous pouvez lire mon article de blog sur la différence entre l'éducation et le dressage ; https://www.lessentieleduc.fr/post/gérez-votre-blog-depuis-votre-site-live)


Il y a plus de cinquante ans, on pensait que le chien devait rester à l'extérieur, et ne devait être qu'un gardien . Il y a cinquante ans, on pensait que pour punir le chien, celui-ci devait rester enfermé dans une pièce, de manière brutale. Il y a plus de cinquante ans, on parlait de domination du chien sur l'homme, qu'user de toute maltraitance, n'aurait pas de conséquence sur sa santé mentale et physique.


C'était il y a plus de cinquante ans et certains faits demeurent inchangés. Puis, on a normalisé les cris, la maltraitance sous toutes les formes.


Comment être certain que le professionnel que vous choisissez emploie effectivement la bienveillance et a les connaissances ?


Vous devez vous assurer que:

  • Le professionnel parle bien de la relation humain-chien.

  • Vous comprenez son apprentissage et les transmissions de cet enseignement.

  • Le professionnel veille aux signaux canins pour ne pas traumatiser votre chien davantage.

  • Le dialogue est réciproque et l'envie de dialoguer est partagée.

  • Les connaissances sont à jour et les diplômes ou autres sont affichés.

  • Le professionnel est vraiment bienveillant avec votre animal, même en dehors de la séance !



Julie Caillaux - L'Essentiel Educ


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(1) "L’ocytocine intervient dans d’autres moments clés de la vie humaine : la naissance et les relations d’amour (notamment à travers le toucher)".


Sources / Pour aller plus loin:







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