top of page

Comment distinguer une peur passagère à une phobie durable face au chien?

Dernière mise à jour : 14 oct. 2025

La peur des chiens est fréquente chez les enfants. Elle fait partie des réactions normales face à un animal parfois bruyant, imprévisible ou impressionnant par sa taille.


Mais chez un enfant autiste, cette peur peut prendre une intensité particulière, en raison de sensibilités sensorielles plus marquées et d’une perception du monde différente.


Ce qui peut entraver les sorties en extérieur, et la peur se transformer en phobie.


Comment distinguer une peur passagère, d’une phobie qui devient handicapante au quotidien, par celui qui vit cela ?


En effet, il est important de distinguer pour les familles comme pour les professionnels ces deux notions afin de mieux accompagner l’enfant dans un processus de désensibilisation.



Sommaire:


I-Différencier peur passagère et phobie

II- La phobie; une peur persistante et handicapante

III-Particularités chez l'enfant autiste

IV- Pourquoi il est crucial de distinguer peur et phobie

V-Pistes d'accompagnements



I-Différencier peur passagère et phobie


La peur peut être bénéfique dans un certain sens, en tant qu’adulte ; car, c’est celle qui permet à l’individu dans de s’en sortir dans certaines situations délicates.


Sauf, que parfois la peur se transforme en phobie. C’est ainsi que l’on regroupe différentes phobies qui demeurent ancrées dans le mental : l’arachnophobie, la cynophobie, la phobie de l’eau, de l’orage.


Une phobie est ce qui échappe à tout raisonnement logique et immédiat. Le cerveau rationnel ne fonctionne plus avec raison.


La peur est une réponse naturelle du cerveau face à ce qui est perçu comme une menace. Chez l’enfant autiste, elle peut se manifester de façon vive : cris, fuite, agitation corporelle. Mais elle est liée à un contexte précis et s’apaise rapidement une fois le stimulus écarté.


 Exemple : un chien aboie soudainement derrière une clôture. L’enfant sursaute, se crispe, peut pleurer. Mais dès que la situation change (le chien s’éloigne, on rassure l’enfant), la peur diminue et il peut reprendre ses activités.


II-La phobie : une peur persistante et handicapante

 

La phobie se distingue de la peur par sa durée, son intensité et son impact sur le quotidien. Elle se traduit par :


  • Une anticipation anxieuse (« il y aura peut-être un chien dans la rue »),

  • Des évitements systématiques (refus d’aller au parc, de marcher dans certains quartiers),

  • Une réaction disproportionnée même sans danger réel.


👉 Exemple : rien que la vue d’une image de chien, ou le simple mot “chien”, peut déclencher une panique intense. L’enfant se ferme, se fige, ou cherche immédiatement à fuir.



III-  Particularités chez l’enfant autiste

 

Activité sensorielle
Activités sensorielles

La distinction peur/phobie prend une forme particulière dans le cadre de l’autisme.Et si on apprenait à désensibiliser autrement les profils neuroatypiques ?


  • Hypersensibilités sensorielles : le son d’un aboiement peut être ressenti comme douloureux.


  • Difficulté de généralisation : un chien qui a effrayé = tous les chiens sont perçus comme dangereux.


  • Imprévisibilité des mouvements : le chien qui court, saute ou s’approche trop vite devient une source d’anxiété.



  • Rigidité des routines : la simple idée de croiser un chien peut suffire à bouleverser la sortie prévue.


  • Ces particularités expliquent pourquoi une peur “banale” peut se transformer plus rapidement en phobie durable chez un enfant autiste.


    Désensibilisation canine vs médiation animale ; quelles différences ?


Temple Grandin, autiste et spécialiste du comportement animal, décrit elle-même combien certains bruits ou mouvements imprévisibles sont ressentis comme des agressions sensorielles, bien plus intenses que pour une personne neurotypique. Lectures recommandées


III-  Pourquoi il est crucial de distinguer peur et phobie

 

  • Adapter la réponse éducative : une peur passagère peut se résoudre par la répétition et le soutien ; une phobie durable nécessite une approche progressive, souvent pluridisciplinaire.


  •  Préserver le quotidien : une phobie non prise en compte peut restreindre les sorties, limiter les apprentissages et créer une tension permanente dans la famille.

 

IV-  Pistes d’accompagnements (approche croisée enfant-chien)



  • Supports visuels enrichis : au-delà des pictogrammes habituels, on peut introduire des images simples de signaux canins (chien qui bâille, qui détourne la tête) pour que l’enfant apprenne à reconnaître et à anticiper les émotions du chien.


    pictogramme avec un point d'interrogation
    Pictogramme "demander"

  • Désensibilisation progressive avec un chien adapté : commencer par observer un chien calme à distance, dans un cadre sécurisé, puis réduire la distance progressivement. Ici, le rôle du professionnel canin est crucial pour garantir la sécurité et choisir l’animal adapté.


  • Lecture partagée des émotions : travailler avec l’enfant sur ses propres signaux (peur, crispation) et ceux du chien. Cette double lecture permet de créer un lien de compréhension plutôt que d’opposition.


  • Travail pluridisciplinaire : combiner l’expertise éducative (déjà en place) avec un accompagnement canin spécialisé.Me contacter C’est cette alliance qui permet une progression durable.

     


Conclusion

 

Chez l’enfant autiste, la peur du chien peut être passagère ou relever d’une phobie durable.


La différence réside dans la persistance de la peur, son intensité et son impact sur la vie quotidienne.

En tant que professionnels, distinguer ces deux réalités permet d’adapter l’accompagnement : rassurer, désensibiliser avec douceur, et préserver à la fois l’enfant et le chien.


La peur n’est pas une faute, la phobie n’est pas une fatalité. Avec patience, compréhension et outils adaptés, la confiance peut petit à petit remplacer la panique.



Julie Caillaux

L'Essentiel Educ

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

S'abonner à notre newsletter

Merci pour votre envoi !

bottom of page